Une mère au bord de la folie, tome 2

Résumé: Ma troisième grossesse commence en fanfare et en catastrophe, je sombre dans une depression dont je ne me relèverais qu’au bout de 7 ans, avec son lot d’autodestrution, et de pleurs.  La venue de ma belle mère à la maison est autant une aide, qu’une source de conflit. Entre suivi psychologique et médicamenteux et les menaces de placement de l’ASE, je raconte mon quotidien où se melent humeurs fluctuantes et diagnostics pour mes enfants, et la découverte de l’autisme. Un long cri de douleur, et aussi une envie de vivre avec ma singularité, un long combat contre et avec les handicaps qui jalonnent la vie de ma famille. 

ebook : 4.99 euros

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Broché : 425 pages ; 17.99 euros 

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EXTRAITS

Tristan a trois ans, il rentre en petite section de maternelle. La séparation est difficile, autant pour moi que pour Tristan. Il s’accroche à moi, il continue à se jeter la tête par terre devant les yeux effarés de l’institutrice, qui est aussi la directrice de l’école. Il continue à faire cela depuis ses deux ans épisodiquement à la moindre contrariété. J’ai l’impression que l’école attend de moi que je me montre plus ferme. Je ne sais pas pourquoi, mais il me faut être une mère parfaite, la plus parfaite possible. Je me mets la pression pour donner le meilleur à Tristan. La maîtresse me prend à part et pense que les problèmes de séparations viennent aussi du fait que j’ai du mal à le laisser grandir. Je dois être trop ambiguë et Tristan doit le sentir. Pas de biberon le matin, beaucoup plus de règles à la maison. Fini le laisser-aller des vacances, il faut que je reprenne ça en main. Que dirait-elle si elle savait que Tristan dort dans notre chambre la plupart du temps !! La maîtresse m’interpelle aussi sur son audition, car il semble être dans la lune, et ne pas entendre ce qu’on lui dit. Elle l’appelle sans qu’il réponde à son prénom. Il fait de l’écholalie et ne s’intègre pas à la classe et évite soigneusement ses pairs et compte tout ce qu’il trouve, et reste seul dans la cour lors des récréations à compter les cailloux. La maîtresse ne le comprend pas. Elle a fait des tests comme elle le fait à chaque enfant et elle me dit qu’il faudrait que Tristan soit suivi par le RASED. Nous testons son audition et il s’avère qu’il a une otite séreuse. Son audition est bonne. Il a des otites sur otites, crises d’asthmes sur crise d’asthme, bronchites sur bronchites. Nous faisons des aller et retour aux urgences. Je suis au chevet de Tristan avec Aurélien au sein, en train d’allaiter. Tristan reste même quelques jours aux urgences à la suite d’une gastro-entérite qui le déshydrate. En dehors de ses périodes de maladie, Tristan demande énormément d’énergie. Il veut qu’on s’occupe de lui en permanence, ne sait pas jouer seul avec ses jouets, refuse de manger. Les repas ne sont pas une sinécure, il faut se fâcher, car il ne veut rien, ne mange rien. Je vais le chercher le midi pour qu’il mange à la maison et quand je reviens, la maîtresse demande à Tristan s’il a bien mangé. Je réponds qu’il n’a rien voulu manger, comme d’habitude. J’ai l’impression d’être une mauvaise mère, qui ne sait pas être ferme avec son enfant, alors qu’on se prend la tête à chaque repas avec Tristan pour qu’il mange ne serait-ce que quelques cuillères de son repas. Il ne mange finalement que son fromage et son yaourt. Parfois, il fait toujours des crises pour ses histoires de comptage : quand il y a des petits pois, il lui en faut trois par bouchées sinon, il hurle, se jette par terre. Ces repas sont une source d’angoisse et de frustration. C’est le moment où c’est la crise systématiquement. Je finis par arrêter de me prendre la tête avec les repas parce que je ne trouve aucune utilité à être en conflit permanent avec Tristan qui n’a décidément pas envie de manger. S’il est comme son père, buté, il pourrait rester une journée devant son assiette sans rien manger.

EXTRAITS

 Je commence mon début d’année en étant complètement paranoïaque. J’ai peur de tout, j’ai peur que Tristan rencontre un pervers et abuse de lui, j’ai peur des jeux d’étranglement à l’école, j’ai peur du jeu du foulard. J’ai peur de pas mal de choses. Je me mets même à penser que Florent a mis des caméras dans la chambre ou des magnétophones sous le lit. Je me sens observée, par Dieu. J’ai l’impression aussi que les voisins m’observent et écoutent quand je me mets à crier contre mes enfants. J’ai peur qu’un jour on vienne me reprendre mes enfants et qu’on les mette à l’aide sociale à l’enfance, tellement ils ont une mère complètement cinglée. Je contrecarre mes peurs en cherchant sur le net des associations de prévention des abus sexuels. J’en viens même à me dire qu’il faut que je monte une association dans mon coin pour faire de la prévention, moi si timide normalement. Je ne supporte pas l’idée que mon fils soit en danger partout où il va. Je ne fais confiance à personne. Tout me devient suspect. Je téléphone aux associations ? Ont-ils besoin de bénévole pour aller parler à l’école aux enfants ? Est-ce qu’ils reçoivent d’anciens abusés qui ont besoin de parler ? Je ressens le besoin de témoigner de mon enfance, de mon ancienne vie de femme battue aussi, je contacte d’ailleurs un journal qui cherche des témoignages de femmes battues, je parle des heures aux téléphones, j’ai besoin que cela sorte, j’ai besoin de parler de ces viols conjugaux, de ces viols collectifs, de l’emprise, de ma vie, de mon enfer et de mon combat pour que cela s’arrête. J’ai besoin de parler avec des victimes d’inceste. Comment être mère après avoir été abusées ? Comment ne plus avoir peur pour ses propres enfants quand on a soi-même été abusée ? Comment prévenir tout cela pour que cela ne recommence pas ? J’avais l’impression d’en avoir terminé avec mon passé, mais je réalise que je n’ai pas pensé au fait qu’en grandissant, je devrais me confronter à la peur que les abus se perpétuent sur mes propres enfants.

EXTRAITS

Tristan nous interpelle et interpelle la maîtresse. Elle me parle un soir parce qu’elle n’arrive pas à le cerner. Il passe son temps à compter. Il compte les wc., il compte les bottes, les chaussons pendant les contes, il compte les cailloux pendant la récréation. Elle me dit qu’il est dans son monde, qu’il n’interagit pas avec ses camarades. Il joue à côté, mais pas avec. Cependant, il a des compétences particulières en numération, chose qu’on fait en moyenne section, il sait faire des puzzles de plus de 6 ans, il ne supporte pas les règles, il répète le dernier mot de chaque phrase quand on lui pose des questions, fait de l’écholalie. Elle me dit qu’il y a des choses où il est très avancé et d’autres où elle pense qu’il saura faire, mais qu’il n’arrive pas. Je lui parle à mon tour de ce qu’il fait à la maison ; l’ordinateur, les jeux de grande section, compter avant de s’endormir, son alphabet qu’il regarde avant de se coucher, les puzzles aussi… et ses crises d’automutilations, les pleurs pour un rien, les problèmes pour manger, pour dormir… elle fait venir une psychologue du RASED pour l’observer.

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les cousins sont venus. Alors qu’ils jouaient ensemble dans la chambre, l’un des cousins arrive affolé. Tristan était sur le plus grand en train de le griffer au visage et de s’acharner sur lui (le grand a quand même dix ans, mais du genre à pleurnicher pour un rien, mon fils a quatre ans et demi). Je ne sais pas ce qui a déclenché cette crise, mais c’est la première fois qu’il s’en prend à quelqu’un, à par nous. Au moment de dire au revoir, il s’est carrément mis à poil devant tout le monde, au grand rire des cousins… Il n’a aucune pudeur et doit batailler pour qu’il s’habille, ou qu’il se rhabille après avoir été aux toilettes. En ce moment, ce sont les cris et les jets de jouets, les hurlements à tout bout de champ, juste pour crier… ou parce que son père ne veut pas que Tristan sorte (son père sort juste pour fumer une cigarette). Avant je me serais mise à hurler à tout bout de champ aussi, irritable à souhait. Là je suis tout simplement dépassée par son comportement, j’ai l’impression d’avoir un adolescent avant l’heure ! je ne sais pas ce qui est le mieux, qu’il se fasse mal lui-même ou qu’il devienne agressif envers les autres !!! Surtout que le rapport de la maîtresse disant qu’il commençait à se lier avec les autres, mais avait tendance à être avec ceux qui ont un « comportement déviant ».  Lui qui était si calme, j’ai l’impression de ne pas reconnaître mon fils. Son père dit qu’il était comme cela petit, à exploser, parfois pour un rien (ça a bien changé), qu’il a failli balancer la tour de l’ordinateur sur son frère, manqué de peu (pas mieux que moi qui ai manqué de peu ma sœur en lui balançant une chaise !) Est-ce que tous les enfants sont ainsi ? Je n’arrive plus finalement à faire la différence entre le normal et le pathologique. Quelles sont les manifestations d’une dépression à cet âge-là ? Encore une fois le matin, il s’est mis à pleurer. Pas de crise, mais des pleurs de souffrance pendant au moins une vingtaine de minutes, pour rien. Je lui ai préparé son bol de chocolat, il lui manquait juste une cuillère. Au lieu de me demander de lui en donner une, il s’est mis à pleurer, à se laisser tomber par terre, pour une cuillère. Malgré les câlins, les pleurs continuaient. Puis il y a eu des pleurs parce que je ne lui avais pas mis de goûter dans son sac, alors qu’il en avait au centre aéré, les pleurs de la séparation alors qu’en temps normal, il va au centre sans pleurs. Il est depuis plusieurs jours à pleurer pour un rien, plusieurs fois dans la journée. Il ne pique pas de colère, mais pleure. Je suis confrontée soit à son agressivité ou à une énergie débordante, soit à des pleurs que même les câlins ne semblent pas calmer, et en même temps, il est plutôt serviable en ce moment, attentionné. Est-ce que cela ressemble à une phase dépressive, sachant que le week-end dernier, il était plutôt en mode agressif et surexcité ? En fait, il est tellement changeant, d’un jour à un autre, et c’est comme si cela s’aggrave avec le temps.

EXTRAITS

 Les mois passent et ne se ressemblent pas. Depuis fin novembre 2012, je suis en dépression, une dépression de ce qu’il y a de plus habituel, sans phase mixte comme autrefois, juste une dépression pure et simple comme le commun des mortels. J’ai la tête vide, je suis ralentie, j’ai des idées de mort. Je suis une morte vivante, je survis à chaque journée en attendant impatiemment mon retour sous la couette, je n’ai plus d’intérêt pour quoique ce soit. J’attends, j’attends que la vie passe. Et je me détruis par l’alcool, par les automutilations, par les privations de nourriture. J’ai une nouvelle comorbidité : j’ai un problème avec l’alcool. Je bois ma bouteille de rosé, je ne pense qu’à ma bouteille jusqu’au soir. J’ai du mal à me passer de l’alcool. J’essaie d’arrêter. C’est un nouveau problème à éradiquer. Je souffre de problèmes de mémoire à cause de l’alcool et à cause de la maladie. Je ne me souviens pas de ce que j’ai fait la veille, j’oublie plein de choses, j’oublie mon sac à main, j’oublie ma tête. Je n’ai pas d’idées suicidaires, mais je flirte avec la mort en permanence, en espérant sans cesse mourir jeune, d’une maladie incurable du genre cancer. C’est une manière de fuir le quotidien. Je ne suis pas heureuse en ce moment, pas du tout épanouie alors que j’ai un mari aimant et trois beaux enfants.

J’ai eu la réponse de la MDPH et je suis reconnue handicapée entre 50 % et 80 %, j’ai la reconnaissance travailleuse handicapée et j’ai l’AAH vu que mon psychiatre m’a mis une restriction au travail. Mais ce n’est pas avec cela que je vais vivre. Nos comptes sont dans le rouge tous les mois. Florent tire la langue pour boucler les fins de mois difficiles. Et moi, je tourne en rond dans la maison, toute seule.

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Autiste ?

L’idée de passer des tests pour savoir si je suis autiste fait son chemin. Ma psychologue me donne des avantages, ma belle-mère me dit que j’ai certainement des traits autistiques, car j’ai toujours été perçue comme étrange et bizarre par sa famille. Ses sœurs qui travaillent en psychiatrie en me voyant disent toujours que j’avais autre chose de plus que ma maladie bipolaire. Il y avait quelque chose qui clochait. Bien que mon psychiatre atteste que je ne sois pas autiste, je veux en avoir le cœur net. Comme je suis quelqu’un de buté, je cherche toujours à comprendre les choses, à trouver des réponses à mon comportement, au pourquoi j’ai toujours été toute seule toute ma vie, avec ces difficultés d’intégration partout où je vais. Si c’est juste dû à ma phobie sociale (est-ce réellement de la phobie sociale ?) La psychologue m’a exposée à des tests en pleine rue où il fallait que je pose des questions aux passants et je n’ai eu aucune difficulté, aucune peur ???). Je veux savoir. Je prends rendez-vous chez ses collègues à Bourg-la-Reine pour novembre et je bûche sur mes comportements depuis mon enfance, d’aussi peu que je m’en souvienne. Et cherche à faire le lien.

La psychologue de Tristan et la mienne aussi m’a fait un bilan de Tristan pour le dossier MDPH que je construis pour lui, car je demande l’allocation enfant handicapé qu’on a déjà eu à ses 5 ans par le passé suite au diagnostic du trouble cyclothymique. Elle marque qu’elle suspecte aussi pour lui des traits autistiques du type asperger, à la suite d’un questionnaire qu’elle avait fait remplir à Florent, et à moi, mais moi je ne me souvenais plus de ce qu’il faisait quand il était petit. Bref, j’ai récolté des informations sur le net sur l’autisme et ses symptômes et j’ai répertorié les symptômes de Tristan.

Tristan va de plus en plus mal. Il a mis en acte ses idées suicidaires. À la suite d’une frustration, il a essayé de sauter par la fenêtre. Il est irritable à souhait, et jette ses jouets à travers la pièce. Il refuse de monter dans sa chambre, de se laver les dents et de prendre un bain. Il est allé chercher sa tablette dans l’armoire de son papa, alors qu’il n’avait pas le droit de jouer à sa tablette pendant la semaine. Il a du mal à faire ses devoirs, il se dévalorise et dit qu’il est nul et qu’il ne sait rien faire. Pour ses exercices de français je l’ai un peu aidé en lui expliquant ce que c’étaient les champs lexicaux, et pour l’anglais, j’ai demandé à ma belle-mère de venir le voir, car elle a été prof d’anglais lorsqu’elle travaillait.

EXTRAITS

j’ai questionné les tests d’Aurélien et de Florent. Florent est limite, d’ailleurs quand je l’ai rapporté le soir même à sa mère, elle n’en est pas étonnée. Elle m’a dit qu’en maternelle, elle devait le récupérer à l’école, car il ne mangeait rien et qu’il restait dans son coin quand on l’emmenait au centre aéré ou en colonie. Ma psychologue m’a dit par exemple que pour lui le bavardage en société était quelque chose de difficile. Cela m’a beaucoup étonné, lui qui est toujours entouré, sort souvent, pour boire, voir des copains ou en invitant des copains ou amis. Elle m’a demandé s’il était hypersensible au bruit. Oui, je lui ai même dit qu’avant de douter de l’autisme, j’avais fait des recherches sur son hyperacousie, car il disait que je hurlais quand je chuchotais !!! Je me suis toujours dit que c’était moi qui n’arrivais pas à poser ma voix, mais peut être que c’est lui qui est tout simplement hypersensible ! il remarque les détails, passionné des chiffres, n’aime pas qu’on change sa routine, ses habitudes, a besoin de planifier les choses pour les faire, n’aime pas les choses imprévisibles… pleines de petites choses qui font penser à l’autisme… Pour Aurélien, elle m’a dit qu’elle essaierait d’appeler à nouveau sa maîtresse, et de savoir en plus si dans l’école, il y aurait aussi d’autres enfants autistes. Cela lui permettrait dit-elle de faire une présentation en classe, d’expliquer, et peut être d’aider les enfants à s’entraider entre eux. Elle m’a dit d’essayer de voir si le psychiatre de Tristan pouvait éventuellement prendre en charge Aurélien pour l’évaluer aussi même si le psychiatre de Tristan prend des enfants de plus de 11-12 ans.

EXTRAITS

À la sortie, j’ai foncé sur la boîte aux lettres du domicile pour voir mes résultats pour savoir si j’étais en phase maniaque. Mes résultats dépassent ce que j’espérais. 0.43. Dosage normal si on est stabilisé est de 0,8. Si on est en manie, c’est 0,5, donc cela veut dire que si je suis encore en dessous je dois être gravement maniaque !!! Surtout que la veille de la prise de sang je n’avais pas du tout dormi. Autre fait, prise de sang de ma thyroïde, TSH élevé, cela veut dire que je suis en hypothyroïdie. Ce que je ne comprends pas, car je n’en ai pas du tout les symptômes puisque je suis au contraire hyperactive !!! Mail à mon psychiatre, panique, que dois-je faire. Réponse dans les minutes qui suivent. Mêmes dosages de Teralithe, mais double voir triple dosage des comprimés de risperdal, double dosage de Tercian (aux vues de mes insomnies) et je dois prendre pour protéger ma thyroïde du Levothyrox !!! J’ai envoyé un SMS à ma mère, je suis allée voir ma belle-mère qui est aussi sous Levothyrox. Envoyer à nouveau un mail à mon psychiatre pour savoir si je suis en manie ou en hypomanie, car je n’arrive pas à distinguer les deux. Si cela est en fonction du nombre d’heures de sommeil ? Du temps en jours, en semaines que cela dure ? Du taux de lithémie ? Car cela fait depuis décembre que je suis en manie/hypomanie.

EXTRAITS

17 h 42 : elle me contacte, me dit que mon beau-père a tout fait pour moi, nourri, logé, aidé pour les devoirs… aimé en gros et qu’il n’est pas si con pour vouloir tout gâcher. Je lui réponds que je n’ai jamais dit qu’il ne m’aimait pas, mais qu’il m’aimait trop. Que j’ai dépassé le stade de la convaincre de la vérité et qu’elle avait déjà choisi son camp. Je veux juste ne plus le revoir quoiqu’il ait fait et quoi qu’elle croie. Et je lui sors qu’il a assez foutu en l’air ma troisième grossesse. Elle veut des détails. Ah oui, elle n’était pas au courant. C’est quoi cette lubie ? Je lui raconte, sa venue quelques mois avant ma grossesse, le fait que sa venue m’ait perturbé au point de me dire que cette fois-ci, je le virerais définitivement de ma vie, l’angoisse qui s’ensuit, les cauchemars, le stress de devoir l’annoncer à maman, cela dure des mois… et trois jours avant de me savoir enceinte, ce cauchemar où mon beau-père me viole et me met enceinte. Une grossesse qui commence en catastrophe. Bien sûr, elle continue très mal, le stress continue, je dois lutter contre mes cauchemars, Florent ne peut plus me toucher, je sombre dans la dépression, et je menace à tout moment de me foutre en l’air, mes humeurs partent en vrille et c’est le diagnostic du trouble bipolaire accéléré par le stress. Donc conséquence, à chaque fois que je vois mon beau-père, je cours à la catastrophe et mes humeurs partent en vrille. Est-ce cela qu’elle veut lui dis-je ? Que je retombe en dépression ? Je lui parle de cette peur qu’un jour il me viole, je lui parle justement de l’annonce récente de mon amie qui a su que son propre fils a peut-être été abusé par le grand-père de son fils. Et que c’est ce que je fais : protéger mes enfants. Et je lui sors que tant pis si elle me croit folle, car j’ai l’habitude, elle me l’a assez dit. Je lui dis qu’on peut aimer les gens, leur apporter confort, les accueillir et ne pas les connaître. Elle le connaissait depuis quand mon beau père ? Qui est-elle pour dire comment il était lorsqu’elle travaillait de nuit pendant qu’il me caressait sous mes vêtements, lui dis-je ? Et s’ensuivent plusieurs piqûres de rappel de ses actes, attouchements et voyeurisme…

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